Une présentation du régime cétogène

La cétose est un état métabolique souvent mal compris. On assimile la présence de corps cétoniques à la famine ou à un signe de mal-être ou de mauvaise santé. Ce n’est pourtant pas le cas, sauf si vous souffrez de diabète de type 1 non traité. Les cétones – contrairement aux mythes et croyances populaires – sont une source d’énergie curative essentielle et indispensable dans nos cellules qui provient du métabolisme normal des graisses. Comprenons comment fonctionne le régime cétogène.

Le corps tout entier utilise des cétones d’une façon plus sûre et plus efficace que la source d’énergie provenant des glucides – le sucre, c’est-à-dire le glucose. Notre corps produit des cétones si nous adoptons un régime sans glucides ou pauvre en glucides (moins de 20 à 50 grammes de glucides par jour en fonction des personnes). Avec un régime très pauvre en glucides ou sans glucides du tout (comme les hommes du paléolithique), nous devenons céto-adaptés.

Les cétones pour guérir

En fait, ce qu’on appelle aujourd’hui régime cétogène était le traitement de première intention de l’épilepsie avant que l’industrie pharmaceutique mette au point des médicaments anti-épileptiques. Il a fallu plusieurs décennies avant que nous entendions à nouveau parler de ce régime, grâce en partie à un père qui a voulu que son fils de 20 mois, Charlie, atteint de graves crises, en bénéficie. Le père du garçon a du se renseigner sur le régime cétogène dans une bibliothèque car son neurologue n’avait jamais indiqué cette option. En suivant ce régime, ses crises se sont arrêtées en seulement 4 jours, et ne sont jamais revenues. [3] La Fondation Charlie a été nommée d’après le nom de cet enfant guéri avec succès. Aujourd’hui, le régime cétogène est accessible partout dans le monde et ses effets curatifs se font connaître par le bouche à oreille.

La diète cétogène est utile pour améliorer sa santé en général, et guérir ou traiter des maladies telles que les spasmes infantiles, l’épilepsie, l’autisme, les tumeurs cérébrales, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Lou Gehrig, la dépression, les accidents vasculaires cérébraux, les traumatismes crâniens, la maladie de Parkinson, la migraine, les troubles du sommeil, la schizophrénie, l’anxiété, l’ADHD, l’irritabilité, la maladie des ovaires polykystiques (SOPK), le syndrome du côlon irritable, le reflux gastro-œsophagien, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, l’acné, le diabète de type 2, les tremblements, l’insuffisance respiratoire et quasiment tous les problèmes neurologiques, ainsi que le cancer, et les maladies où les tissus doivent récupérer après un manque d’oxygène.

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Le fonctionnement du corps sous cétose

Les organes et tissus du corps fonctionnent bien mieux quand ils utilisent les cétones comme source d’énergie, y compris le cerveau, le cœur, et le centre de nos reins. Si vous avez déjà vu un cœur battre en temps réel, vous avez surement remarqué le tissu adipeux épais qui l’entoure. En fait, les chirurgiens cardiaques le voient tous les jours. Un cœur qui bat joyeusement est un cœur entouré par des couches de graisses saines. Le cœur comme le cerveau fonctionnent au moins 25% plus efficacement avec des cétones qu’avec du sucre dans le sang.

Comment brûler les graisses lors du régime cétogène

Les cétones sont le carburant idéal pour notre corps, contrairement au glucose – qui est nocif, moins stable, plus excitant, et qui en réalité raccourcit votre durée de vie. Les cétones sont non-glycants, ce qui veut dire qu’ils n’ont pas d’effet caramélisant, faisant vieillir le corps. Une cétose saine aide aussi à affamer les cellules cancéreuses car elles ne peuvent pas utiliser les cétones comme source d’énergie, elles ne peuvent croître qu’avec du glucose. [5] Les usines de production d’énergie de nos cellules – les mitochondries – fonctionnent bien mieux avec un régime cétogène car elles peuvent augmenter les niveaux d’énergie d’une manière stable, performante, constante, avec une combustion longue. En plus de cela, le régime cétogène induit des changements épigénétiques [6] qui augmentent le rendement énergétique de nos mitochondries, réduisant la production des radicaux libres nocifs, et favorisant la production de GABA – une importante substance chimique inhibitrice du cerveau. Le GABA a une influence relaxante essentielle et sa production, favorisée par la cétose, réduit aussi les effets toxiques des voies excitatrices dans nos cerveaux. De plus, de récentes informations suggèrent qu’en plus d’avoir un effet anti-inflammatoire général, la cétose soulage la douleur. [7]

Le régime cétogène agit sur plusieurs niveaux à la fois, ce qu’aucun médicament n’a pu imiter. C’est parce que les mitochondries sont spécialement conçues pour utiliser les graisses comme source d’énergie. Quand elles utilisent les graisses comme source d’énergie, leur charge toxique diminue, l’expression des gènes de production d’énergie augmente, leur rendement énergétique augmente, et la charge des sous-produits-énergétiques inflammatoires diminue.

La clé de ces effets curatifs miraculeux repose sur le fait que le métabolisme des graisses et sa production de corps cétoniques (bêta-hydroxybutyrate et acétoacétate) par le foie n’est possible qu’au sein de la mitochondrie, qui ne laisse pas les produits chimiques dans la cellule, mais fait en sorte qu’ils soient facilement disponibles en dehors de la mitochondrie, stimulant de puissants antioxydants anti-inflammatoires. L’état de nos mitochondries est la clé ultime pour une santé optimale et bien qu’il est vrai que certains d’entre nous ont besoin d’être aidés par des compléments alimentaires pour soigner ces mitochondries, le régime reste toujours la clé ultime d’un bon équilibre.

La source énergétique de base de notre monde moderne est le sucre, qui doit d’abord être traité dans la « soupe cellulaire » avant de pouvoir passer dans l’usine de production d’énergie de la cellule – la mitochondrie. Les sources d’énergies provenant des graisses ne nécessitent pas ce traitement; elles vont directement dans la mitochondrie pour des utilisations énergétiques. Autrement dit, il est plus compliqué de créer de l’énergie avec le sucre qu’avec la graisse.

life without bread

Extrait du livre “Life without bread” (la vie sans pain) des Dr Allan et Lutz

On n’a pas besoin des glucides pour avoir de l’énergie. Les graisses fournissent plus d’énergie qu’une quantité comparable de glucides, et les régimes pauvres en glucides ont tendance à améliorer votre système de production énergétique. De plus, de nombreux organes préfèrent les graisses comme source d’énergie. Les mitochondries sont les usines de production d’énergie des cellules. Comme elles produisent la majeure partie de l’énergie dans le corps, la quantité d’énergie disponible dépend du bon fonctionnement des mitochondries. A chaque fois que vous pensez à l’énergie, pensez à toutes ces mitochondries qui produisent sans arrêt de l’ATP pour que le corps tout entier fonctionne bien. La quantité de mitochondries dans chaque cellule varie, mais elles occupent jusqu’à 50% du volume total de la cellule. Lorsque vous êtes fatigué, n’imaginez pas simplement que vous avez besoin de glucides; pensez plutôt à ce que vous pourriez faire pour maximiser la production mitochondriale d’énergie…
Si vous pouviez rapetisser jusqu’à pouvoir explorer l’intérieur d’une mitochondrie, que découvririez-vous ? La première chose que vous apprendriez est que la mitochondrie est principalement conçue pour utiliser les graisses comme source d’énergie !

Les lipides en tant que médicament

Le fait est que vous avez PLUS d’énergie dans une molécule de graisse que dans une molécule de sucre. Combien de maladies chroniques et auto-immunes ont une composante de déficit énergétique ? La fatigue chronique ? Ou la fibromyalgie ? La polyarthrite rhumatoïde ? La sclérose en plaques ? Le cancer ?

En bref, que les graisses soient votre médicament et que votre médicament soit les graisses !

Vous penseriez qu’avec toutes ces informations, les organismes de soins de santé recommanderaient largement les régimes cétogènes, mais hélas ce n’est pas le cas. Les nutritionnistes traditionnels recommandent les glucides, c’est-à-dire le sucre, comme aliment de base de notre alimentation. Parmi les (nombreux) problèmes qui en résultent, cela empêche le métabolisme des graisses de produire des cétones, nous privant ainsi de leurs effets curatifs. Le fait de vivre dans un monde qui utilise le glucose comme source principale d’énergie signifie que notre alimentation – à plus d’un titre – n’encourage pas la guérison.

Références

[1]  Voir le livre Dr. Bernstein’s Diabetics Solution de Richard K. Bernstein, MD (Little, Brown and Company: 2007).

[2] Cela varie selon chaque personne, c’est en général entre 0 et 70 grammes de glucides, avec une consommation modérée de protéines, entre 0.8 et 1.5 grammes de protéine par kg de poids corporel idéal. Les femmes enceintes et les enfants ne devraient pas avoir de limitation sur les protéines.

[3] Ketogenic diets in seizure control and neurologic disorders by Eric Kossoff, MD, Johns Hopkins Hospital, Baltimore, Maryland. The Art and Science of Low Carbohydrate Living by Jeff S. Volek, PhD, Rd and Stephen D. Phinney, MD, PhD. Beyond Obesity, LLC , 2011.

[4]A Paoli, A Rubini, J S Volek and K A Grimaldi. Beyond weight loss: a review of the therapeutic uses of very-low-carbohydrate (ketogenic) diets. European Journal of Clinical Nutrition (2013) 67, 789 – 796

[5] Rainer J Klement, Ulrike Kämmerer. Is there a role for carbohydrate restriction in the treatment and prevention of cancer? Nutr Metab (Lond). Oct 26, 2011; 8: 75.

[6] Si le code génétique est le « hardware » pour la vie, le code épigénétique est le « software » qui détermine la façon dont se comporte le « hardware ».

[7] David N. Ruskin and Susan A. Masino, The Nervous System and Metabolic Dysregulation: Emerging Evidence Converges on Ketogenic Diet Therapy. Front Neurosci. 2012; 6: 33.

[8] Finkel T, Hwang PM. The Krebs cycle meets the cell cycle: mitochondria and the G1-S transition. Proc Natl Acad Sci U S A. 2009 Jul 21;106(29):11825-6.

 

coaching

LA VIE EN CETO Notre avis :

 

Ce article figure parmi les plus complets que nous ayons lus sur le sujet. Il s’inspire largement d’un article rédigé par le Dr Gabriela Segura consacré au régime cétogène sur le site Sott.net le 19 août 2013.

Nous apprécions ses explications claires et bien documentées.

 

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Showing 3 comments
  • Arnold Mccoulskey
    Répondre

    je vien de lire ton article , super merci pour l’article.

  • Dupré
    Répondre

    Coucou Corine, je passe ici par hasard. te laisse une bonne info que je viens d’ avoir. Elle est du 2 octobre 2019.
    Les fructoses détruisent les mithocondries.

    FRUCTOSE Mauvais pour les mitochondries.

    https://www.genengnews.com/news/high-fructose-delivers-low-blow-to-livers-mitochondria/

    1951/5000
    Une alimentation riche en fructose inhibe la capacité du foie à métaboliser correctement les graisses. Cet effet est observé lorsqu’un régime riche en graisses est complété par du fructose, mais pas de glucose. Selon des scientifiques du Joslin Diabetes Center, le problème est que le fructose altère la fonction des mitochondries du foie.

    «Le fructose fait en sorte que le foie accumule de la graisse», a déclaré C. Ronald Kahn, MD, responsable académique chez Joslin et professeur de médecine à la Harvard Medical School. «Cela équivaut presque à ajouter plus de graisse au régime. Cela contraste l’effet de l’ajout de glucose dans l’alimentation, ce qui favorise la capacité du foie à brûler les graisses et contribue donc à un métabolisme plus sain. ”

    Kahn est également l’auteur principal d’un article décrivant le déroulement de l’effet fructose au niveau moléculaire. Cette étude, «Les sucres alimentaires modifient l’oxydation hépatique des acides gras par le biais de modifications transcriptionnelles et post-traductionnelles des protéines mitochondriales», est parue le 1 er octobre dans Métabolisme cellulaire. L’article décrit comment les chercheurs de Joslin ont utilisé des modèles animaux pour comparer les conséquences métaboliques de six régimes différents: Chow ordinaire, Chow à haute teneur en fructose, Chow à haute teneur en glucose, Un régime riche en graisses (HFD), Une HFD à haute teneur en fructose et HFD avec glucose élevé.

    «Les compléments de fructose et de glucose d’un HFD exercent des effets divergents sur la fonction mitochondriale hépatique et l’oxydation des acides gras», ont écrit les auteurs de l’article. “Cela se fait via trois nœuds de régulation différents, y compris les effets différentiels sur les taux de malonyl-CoA, les effets sur la taille mitochondriale / abondance en protéines et l’acétylation des protéines mitochondriales.”

    Le malonyl-CoA, un intermédiaire dans la synthèse des acides gras à longue chaîne, est également un puissant inhibiteur de l’oxydation des acides gras. Spécifiquement, il inhibe la CPT1A (carnitine palmitoyltransférase 1A), l’enzyme clé dans le transport des composants des acides gras vers la carnitine à travers la membrane interne des mitochondries.

    _
    e CPT1 est responsable de la formation d’acylcarnitine à partir d’ACADL (acyl-coenzyme A déshydrogénase, chaîne longue), responsable de la bêta-oxydation des acides gras au sein de la mitochondrie. Le dysfonctionnement de l’ACADL est associé à une diminution de la capacité d’oxydation des acides gras, à une diminution de la production de chaleur et à une résistance globale à l’insuline.

    “Les souris nourries avec HFD et HFD plus fructose ont une activité réduite de CTP1a, enzyme limitant la vitesse de l’oxydation des acides gras, alors que l’inhibition du métabolisme du fructose augmente le CPT1a et ses produits à base d’acylcarnitine”, ont ajouté les auteurs de l’article. “En outre, l’HFD supplémenté en fructose entraîne une augmentation de l’acétylation de l’ACADL et du CPT1a, ce qui est associé à une diminution du métabolisme des graisses.”

    En plus de surveiller les marqueurs mitochondriaux de la stéatose hépatique, les chercheurs ont étudié les mitochondries elles-mêmes. «Lorsque les mitochondries sont en bonne santé, elles ont cette belle forme ovoïde et hachurée», a déclaré Kahn. «Dans le groupe riche en matières grasses et en fructose, ces mitochondries sont fragmentées et ne peuvent pas brûler les graisses aussi bien que les mitochondries en bonne santé. Mais en regardant le groupe de régime riche en graisses et de glucose, ces mitochondries deviennent plus normales car elles brûlent les graisses normalement.

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