La phobie du gras alimentaire

Je me souviens de ma grand mère dans les années 70. Elle me disait qu’elle suivait depuis toujours le régime « sans P » : sans pomme de terre, sans pain, sans pâte alimentaire ou pâte à tarte. Elle n’était pas encore atteinte de ce qu’on peut appeler “la phobie du gras alimentaire”.

Ma grand-mère était une jolie femme, qui est restée toute sa vie à un poids normal, pas un poids mannequin mais sans bourrelet non plus. Elle suivait les recommandations d’un médecin qui lui avait dit dans les années 50 que les « P » étaient responsables de l’embonpoint.

C’était avant la vague du light, du 0% et de la phobie du gras.

yaourt 0%

Cette peur des lipides, et en particulier des lipides saturés (beurre, œufs, viande, crème, fromage) est née dans les années 60 quand un chercheur a rendu publique une étude établissant un lien entre graisses saturées, cholestérol et maladies coronariennes. Son nom est Ancel Keys et cette publication a été prise en compte par le gouvernement américain qui a édicté des règles de santé publique limitant le gras, puis par les ministères de santé d’autres pays un peu partout dans le monde.

ancel keys

Un chercheur peu scrupuleux

Ce que personne ne savait, c’est qu’Ancel Keys avait réalisé son étude sur 17 pays, et que sur ces 17 pays, seuls 7 montraient un lien éventuel entre consommation de gras et maladies cardio-vasculaires. Les 10 autres pays, dont la France, montraient plutôt le contraire.

La France a toujours bénéficié d’un paradoxe, car traditionnellement, nous avons toujours consommé beaucoup d’huile d’olive, de beurre et de graisse d’oie et notre santé est plutôt meilleure que celle de nos voisins.

Depuis, on s’est aperçu de la supercherie d’Ancel Keys qui a juste écarté les pays dont les résultats ne correspondaient pas à son hypothèse de base.

Les gras, et notamment les gras saturés, ont finalement fait l’objet de nombreuses nouvelles études qui les disculpent complètement. Non, manger du beurre ne bouche pas les artères… Et on s’aperçoit au contraire que manger du beurre, de l’huile d’olive ou les excellents omégas 3 des poissons gras et de l’huile de colza… ont plutôt tendance à faire maigrir !

Le problème de la phobie du gras, c’est qu’elle entraîne une consommation plus importante de glucides. Quand le lait est écrémé, il est beaucoup plus riche en lactose. Quand on évite la viande, le poisson gras et les œufs et qu’on choisit à la place de consommer plus de céréales et de légumineuses, le corps doit produire une grande quantité d’insuline pour gérer cet important apport de glucose sanguin… qu’il va envoyer dans le tissu adipeux (ventre, cuisse, hanches) pour être stocké sous forme de graisses corporelles.

Healthy Food: Best Sources of Carbs on a wooden board. Top view

Une phobie du gras alimentaire très ancrée

L’idée que les aliments gras font grossir est très profondément ancrée dans l’esprit de chacun de nous.

Et pourtant, les personnes qui limitent très fortement les glucides et les remplacent par des lipides retrouvent la ligne !

Leur corps peut cesser de produire de grandes quantités d’insuline et toutes leurs hormones qui fonctionnent naturellement grâce au cholestérol, sont plus performantes.

C’est en limitant les glucides (sucreries, fruits sucrés, céréales, légumineuses) qu’on peut inciter le corps à puiser dans ses réserves de graisse. Bien sûr, augmenter ses apports de lipides risque aussi de faire grossir, si on les accompagne de grandes quantités de glucides ou si on dépasse complètement sa faim (et ses besoins). Mais prendre de bons lipides dans les limites de sa faim et sans les accompagner de glucides permet à la grande majorité des personnes de retrouver un poids normal.

Choisir ses lipides

Cette phobie du gras est tellement ancrée qu’il est très difficile d’y croire tant qu’on ne l’a pas testé et constaté par soi-même. Pour s’en défaire, il est souvent plus aisé de commencer par choisir des lipides « reconnus comme sains », comme les poissons gras, l’huile d’olive. Bien sûr, mieux vaut les choisir sauvages pour les poissons, et de première pression à froid et bio pour l’huile…

Organic coconut oil with coconut flakes on wooden background. Healthy vegan eating and cooking.

Petit à petit, on peut passer à des lipides qui favorisent la cétose (huile de noix de coco, MCT oil qui est un mélange d’huile de noix de coco et de palme particulièrement aisées à convertir en corps cétoniques). Et enfin, adopter le beurre, la crème (entière, crue et provenant de vaches en pâturages), les viandes grasses, les oléagineux, le chocolat non sucré, le fromage,…

 

 

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LA VIE EN CETO  :

Cet article s’inspire de plusieurs études et des recherches de Jason Fung.

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