Comprendre la fabrication des corps cétoniques

 

Les corps cétoniques proviennent d’une métabolisation des lipides. Quand le niveau de glucides est réduit, il s’en suit une baisse du niveau de glucose sanguin et de l’insuline.

 

Dans des conditions de niveau bas d’insuline, le corps qui a besoin d’énergie convertit les acides gras qui circulent dans le sang en énergie utilisable, par un processus qui s’appelle la béta-oxydation. Cette béta-oxydation produit des molécules nommées acetyl-coA, et leur niveau monte quand le corps métabolise davantage d’acides gras. Il en résulte un « boucle de rétroaction » (feedback loop) du métabolisme, entraînant les cellules du foie à transformer les acetyl-Coa excessifs en corps cétoniques.

 

Une fois que ces corps cétoniques sont fabriqués, le foie les libère dans le système sanguin afin que les muscles du cœur et le squelette puissent en disposer. Le cerveau commence lui aussi à utiliser les corps cétoniques comme énergie alternative une fois que le niveau de cétones a atteint un seuil significatif dans le système sanguin.

 

Il existe trois formes de corps cétoniques présents dans le système sanguin humain une fois que le processus de métabolisation de la cétose est dominant :

 

  1. L’acétoacétate (AcAc) qui est fabriqué en premier ;
  2. Le β-hydroxybutyrate (BHoB) fabriqué à partir de l’acétoacetate.
  3. L’acétone qui est fabriqué en tant que produit dérivé de l’acétoacétate.

 

En état de sous-alimentation ou de prise très basse de glucides, qui entraînent un niveau d’insuline bas, les corps cétoniques fournissent jusqu’à 50% des besoins énergiques pour la plupart des parties du corps, et jusqu’à 70% des besoins du cerveau.

 

Le glucose est le carburant principal des neurones en cas de régime riche en glucides. Lorsque ceux-ci sont bas, les corps cétoniques deviennent le carburant principal de la plupart de nos cellules.

 

Au cours des jeûnes ou d’une alimentation basse en glucides, les niveaux de corps cétoniques peuvent atteindre entre 0,5 mM et 5 mM, en fonction des quantités de protéines et de glucides consommés. Cet état est appelé la cétose nutritionnelle.

 

Mesurer les cétones

Après quelques semaines d’adaptation à une alimentation cétogène, la plupart des personnes voient leur niveau sanguin de cétones dépasser le seuil de 1 mM. Quand le niveau s’élève, le cerveau parvient à utiliser plus de la moitié de ces corps cétonique comme carburant.

 

Les muscles du corps sont aussi capables de se servir des trois sortes de corps cétoniques. Mais au bout de quelques semaines de Céto-adaptation, les muscles commencent à convertir l’acétoacétate en β-hydroxybutyrate (BHoB) et à les remettre en circulation. Bien que les BHoB soient des molécules très stables, lorsqu’elles sont utilisées par les tissus musculaires, elles doivent être converties à nouveau en acétoacétates afin d’être métabolisées. Cette conversion allez-retour entre les BHoB et les acétoacétates a lieu à plusieurs reprises lorsque le métabolisme en a besoin.

 

La troisième forme de corps cétonique est l’acétone, qui est très volatile et est rejeté par l’haleine et dans l’urine. Cette forme entraîne également des effets sur le cerveau, agissant notamment en prévention d’une hyperexcitabilité neuronale, ce qui explique le rôle thérapeutique de la cétose sur des pathologiques comme l’épilepsie.

 

Alors que l’état de cétose progresse dans le temps, le corps utilise de plus en plus efficacement les corps cétoniques comme carburants. Le foie s’adapte et devient plus performant dans la métabolisation de l’acétoacétate ; le cerveau et les muscles utilisent avec plus d’efficacité les BoHB qui circulent.

 

C’est important à savoir parce que les bandelettes urinaires ne testent que les acétoacétates. Si vous êtes sous cétose depuis longtemps, ces corps cétoniques seront de moins en moins présents dans l’urine, puisque le foie est de mieux en mieux à même de s’en servir.

 

On peut croire que la cétose disparaît, alors qu’au contraire, l’état est bien installé et tant que vous restez sous le seuil de glucides auquel vous êtes sensibles, vous brûlerez vos gras stockés comme principale source d’énergie.

 

Les bandelettes urinaires ne sont donc pas la meilleure façon de tester l’état de cétose, surtout dans le temps. Récemment, des tests sanguins et d’haleine sont arrivés sur le marché, qui sont plus fiables, puisqu’ils mesurent le BHoB.

 

 

Rester en cétose

 

La plupart des personnes ont besoin de limiter leur consommation de protéines à 100 gr par jour, et à 60 gr de glucides, à défaut de quoi, elles perdront l’état de cétose. Les niveaux de corps cétoniques seront tellement bas qu’ils ne fourniront pas suffisamment d’énergie pour le cerveau.

Environ 56 % des protéines en excès seront converties en glucose, ce qui entraîne un effet sur l’état de cétose. Certaines personnes particulièrement sensibles aux glucides ne pourront dépasser le seuil de 20 gr de glucides par jour et de 80 gr de protéines, au risque de perdre l’état de cétose.

 

Source : http://www.ketogenic-diet-resource.com/ketones.html

 

 

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Showing 4 comments
  • FARID GHODBANE
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    Article très complet et très intéressant.

  • Madeleine
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    Bonjour Corinne,

    Est-ce que la prise de ma glycémie chaque matin à jeun est suffisante pour savoir si je suis en cétose ou pas ? Et si oui, est-ce bien entre 60 et 80 ?

    • Corinne Dewandre
      Répondre

      Bonjour Madeleine,
      Pas vraiment, car on peut avoir une forte cétose et une glycémie un peu élevée. Il n’y a pas toujours corrélation entre les deux. Mais mesurer sa cétose ou sa glycémie ne sont pas vraiment intéressant, car les mesures ne sont pas très précises. Si vous mangez moins de 20 g de glucides par jour, vous êtes en cétose sans se poser la question. A part cela, oui, une glycémie entre 60 et 80 est parfaite. Tout ce qui est en dessous de 100 est bien.

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